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30.5.2009 par CMT81.
La ligne du Transsibérien s’étend sur 9297 kilomètres, de Moscou à Nakhodka, près de Vladivostok, sur l’océan Pacifique.
Cette ligne de chemin de fer, la plus longue du monde, est une artère commerciale vitale pour toute la Russie, ainsi reliée au Japon par la ligne maritime Nakhodka-Yokohama, et à la Chine par la bifurcation du Transmongolien sur Pékin. C’est aussi une attraction touristique : les amoureux du rail y affluent du monde entier pour traverser sept fuseaux horaires en huit jours.
La ligne traverse des régions très accidentées. Elle contourne la Mandchourie, franchit de grands fleuves tumultueux comme l’Ob et l’Amour, longe une partie du lac Baïkal (le plus grand du monde) et suit la lisière de la Taïga (forêt Sibérienne). Le train s’arrête aussi bien dans les grandes villes industrielles, comme Irkoutsk et Novossibirsk, que les gares de rondins fréquentées par d’humbles moujiks. Le premier coup de pelle du Transsibérien fut donné par le futur tsar Nicolas II en 1891, à Vladivostok.
La Sibérie n’était alors qu’une contrée lointaine et inexploitée, il fallait au moins six semaines pour relier l’Europe occidentale à Vladivostok ou au Japon. Auparavant, on traversait la Russie assis sur ses bagages, dans des malles-poste non suspendues et sur des pistes défoncées. L’hiver, les traîneaux étaient bien plus lents. Toute l’année, on pouvait voir les forçats et les déportés cheminer péniblement sur la route de l’exil.
La ligne fut construite en huit tronçons au prix d’une lutte permanente contre les marécages de la forêt, le gel, les insectes et la maladies. Les ouvriers, en majorité des forçats russes, mais aussi des Chinois, des Turcs, des Italiens, des Perses et des Coréens, étaient décimés par la peste bubonique ou le choléra. Ils étaient aussi attaqués par des bandes armées, des tigres de Mandchourie ou emportés par de terribles inondations. Pendant la rébellion chinoise des Boxers ou la guerre russo-japonaise (1904-1905), l’artillerie lourde sema la mort et la désolation dans cette légion de miséreux.
L’une des principales difficultés fut de contourner le lac Baïkal, dans le sud-est de la Sibérie. C’était le point culminant de la ligne, à 1205 mètres d’altitude. Il fallait tailler dans les falaises tombant à pic dans les eaux du lac. Dans le même temps, on créa une ligne de ferry d’une rive à l’autre du lac.
le Baïkal fut construit en Grande-Bretagne, démonté et transporté à travers la Russie à bord de trains, de péniches et de traîneaux. Les 7000 pièces du ferry furent ensuite remontées et le navire, qui transportait un train et ses passagers, entra en service en 1900. Les 1930 kilomètres du premier tronçon le long du fleuve Amour, furent terminés en 1916.
En vingt-cinq ans, la construction du Transsibérien avait coûté l’équivalent de 585 millions de dollars, soit plus de trois fois l’estimation initiale. Quant aux pertes humaines, tombées dans l’oubli, elles ne pourront jamais être estimées.
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