Le développement du chemin de Fer en France connait sa phase la plus active de 1837 à 1875. Avant le Second Empire, les lignes existantes sont pour la plupart locales. Sous Napoléon III, de grandes compagnies émergent et raccordent peu à peu les tronçons, jusqu’à constituer un véritable réseau, vaste autour de Paris.
A partir de 1860, il ne reste plus à desservir que les Alpes, le Massif Central et la Bretagne. C’est chose faite en 1875. Dans les Alpes, d’énormes travaux sont mis en œuvre. Le percement du tunnel du Mont-Cenis, qui inaugure l’ère des grands tunnels Alpins, aura demandé treize années de travaux. En moins de cinquante ans, le réseau français sera donc passé de 50 km (en 1830) à 19913 km (en 1871) !
Les progrès techniques ne sont pas en reste. L’ingénieur français Anatole MALLET invente un procédé, le compoundage, qui repose sur un principe de récupération de vapeur. Dans ce procédé, habituellement en usage sur les bateaux, la vapeur sert deux fois : d’abord à haute pression dans de petits cylindres, ensuite à basse pression dans des cylindres plus gros. La locomotive de MALLET, munie de deux cylindres, accomplit de belles performances. Elle figurera à l’Exposition Universelle de 1878. Son procédé sera encore amélioré et donnera naissance à la locomotive compound, à quatre cylindres. Construite à partir de 1887, la “série C”, connue sous le nom de Coupe-vent, sera l’une des locomotives les plus célèbres du monde. Son avant muni d’une étrave et sa cabine aérodynamique étaient destinés à couper le mistral de la vallée du Rhône.
Ces locomotives Coupe-vent, très performantes, remorquèrent les trains les plus prestigieux, comme le Côte d’Azur Rapide, à plus de 100 km/h. Le trajet Paris-Marseille ne prenait plus que treize heures trente…On était encore loin des records du TGV !