Aujourd’hui, un avion gros porteur peut emmener plusieurs centaines de personnes sans escale de l’Europe à l’Australie. Mais après la Seconde Guerre Mondiale, aucun avion de ligne ne pouvait traverser l’Atlantique : le carburant nécessaire pour un tel voyage aurait pris trop de place.
Pour résoudre le problème, le major britannique Robert MAYO, expert en aéronautique, imagina de placer un petit hydravion lourdement chargé sur le dos d’un appareil beaucoup plus important et pratiquement à vide. Grâce à ses moteurs puissants et à son envergure, ce dernier pouvait soulever des charges énormes, mais sur une courte distance, car il épuisait vite son carburant. En revanche, le petit hydravion consommait peu une fois en vol, et pouvait donc aller loin s’il n’avait pas à décoller tout seul.
C’est ainsi que naquit l’avion composite Short-Mayo; Il était formé des hydravions Maia (porteur) et Mercury (porté). Son premier décollage eut lieu le 4 janvier 1938, et la première séparation en vol le 6 février. Le Mercury gagna alors Montréal d’une seule traite avant d’établir un fantastique record du monde de vol direct en reliant l’Ecosse à l’Afrique du Sud.
Malgré son succès technologique incontestable, l’avion composite ne fut jamais mis en service régulier : il coûtait trop cher.
Il y eut d’autres cas similaires. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’armée américaine plaça un mini-chasseur X-F 85 Goblin, ailes repliées, dans la soute à bombes d’un bombardier lourd B-36.
Le Goblin ne mesurait que 4,6 mètres de long. Il était censé être largé exactement comme une bombe, déployer ses ailes et foncer. Mais il devait aussi revenir s’accrocher au B-36 pour le voyage de retour, ce qui présentait des difficultés insurmontables.