De quoi prendre la mouche

Le plus petit avion du monde a décollé le 24 juin 1977 à Kirkland, dans l’état de Washington. Il avait une carcasse de balsa, des ailes en film transparent et ne pesait qu’un dixième de grammes. La propulsion et le pilotage étaient assurées par une simple mouche !

Son inventeur : Donald EMMICK, ingénieur dans une société aéronautique. Il n’innovait pas vraiment, car le physicien yougoslave Nikola TESLA avait déjà étudié la force motrice des insectes à la fin du XIXe siècle.

La collaboration de la mouche avait exigé un peu d’astuce. Il avait fallu la capturer sous un verre, l’endormir avec un peu d’éther et la coller sur le fuselage. A son réveil, elle n’avait plus qu’à battre des ailes pour faire décoller le micro avion. On dut essayer plusieurs “insectonautes” avant de trouver le bon candidat. Le candidat retenu vola cinq minutes en plein air, en décrivant des cercles et en manœuvrant pour éviter les obstacles.

Enfin, pour ne pas s’attirer les foudres des défenseurs de la cause animale, Donald EMMICK décolla la mouche avec précaution après son atterrissage.

Au gré du vent ou la plus grande course d’Aérostats

James Gordon BENNETT est le fondateur du New York Herald, mais son nom est surtout associé à la coupe Gordon-Bennett, qui sanctionne une course d’Aérostats organisée depuis 1906.

La coupe était décernée au pilote du ballon qui franchissait la plus grande distance, le point de départ étant situé dans le pays du vainqueur précédent. Comme l’aérostation dépend de la direction et de la force des vents, les résultats étaient imprévisibles.

Le 30 septembre 1906 eut lieu la première course, au départ de Paris. Les seize aérostats en lice furent emportés vers le nord-ouest, en direction de l’Angleterre. Le vainqueur fut un américain, Franck LAHM, qui se posa dans le Yorkshire, à 647 kilomètres de son point de départ. Deux autres équipages seulement avaient réussi à franchir la Manche. L’année suivante, on ne risqua plus guère la chute en mer : le départ fut donné de Saint-Louis, dans le Missouri, bien à l’intérieur du continent Nord-Américain.

Après une interruption due à la 1ere Guerre Mondiale, la course reprit en 1920. Les caprices du temps occasionnèrent bien des péripéties. En 1923, le décollage eut lieu en plein orage. Le bilan fut de cinq morts et cinq blessés. En 1925, un ballon heurta un train près de Boulogne et un autre se posa sur le pont d’un navire en pleine mer. En 1935, le départ fut donné de Varsovie et le vent emporta les équipages de tête en Union Soviétique, dans une région si reculée que l’on mit deux semaines à les retrouver.

La dernière coupe Gordon-Bennett eu lieu en 1938, mais le record absolu de l’épreuve avait été établi en 1912 par le français A.BIENAIME, avec un vol de 2191 kilomètres reliant Stuttgart à un village près de Moscou. L’aérostation moderne fit beaucoup mieux : du 9 au 12 novembre 1981, l’énorme ballon “Double Eagle V” parcourut 8383 kilomètres entre Nagashima, au Japon et Covelo, en Californie. Mais les équipages actuels retrouveront-ils les folles griseries de leurs prédécesseurs ? Rien n’est moins sûr.

Une Locomotive aérodynamique et le développement des chemins de fer en France

Le développement du chemin de Fer en France connait sa phase la plus active de 1837 à 1875. Avant le Second Empire, les lignes existantes sont pour la plupart locales. Sous Napoléon III, de grandes compagnies émergent et raccordent peu à peu les tronçons, jusqu’à constituer un véritable réseau, vaste autour de Paris.

A partir de 1860, il ne reste plus à desservir que les Alpes, le Massif Central et la Bretagne. C’est chose faite en 1875. Dans les Alpes, d’énormes travaux sont mis en œuvre. Le percement du tunnel du Mont-Cenis, qui inaugure l’ère des grands tunnels Alpins, aura demandé treize années de travaux. En moins de cinquante ans, le réseau français sera donc passé de 50 km (en 1830) à 19913 km (en 1871) !

Les progrès techniques ne sont pas en reste. L’ingénieur français Anatole MALLET invente un procédé, le compoundage, qui repose sur un principe de récupération de vapeur. Dans ce procédé, habituellement en usage sur les bateaux, la vapeur sert deux fois : d’abord à haute pression dans de petits cylindres, ensuite à basse pression dans des cylindres plus gros. La locomotive de MALLET, munie de deux cylindres, accomplit de belles performances. Elle figurera à l’Exposition Universelle de 1878. Son procédé sera encore amélioré et donnera naissance à la locomotive compound, à quatre cylindres. Construite à partir de 1887, la “série C”, connue sous le nom de Coupe-vent, sera l’une des locomotives les plus célèbres du monde. Son avant muni d’une étrave et sa cabine aérodynamique étaient destinés à couper le mistral de la vallée du Rhône.

Ces locomotives Coupe-vent, très performantes, remorquèrent les trains les plus prestigieux, comme le Côte d’Azur Rapide, à plus de 100 km/h. Le trajet Paris-Marseille ne prenait plus que treize heures trente…On était encore loin  des records du TGV !